Argentine
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La Constitution de l’Argentine stipule que l’accès à l’information est un des droits civils fondamentaux – un droit que l’on retrouve également dans plusieurs initiatives gouvernementales et politiques publiques, ainsi que dans les débats législatifs portant sur la propriété intellectuelle, la liberté d’expression, la protection de la vie privée et l’accès au savoir. Mais ces politiques et débats sont souvent fragmentés et ne bénéficient pas de la contribution de spécialistes. Les organisations de la société civile qui œuvrent dans le domaine ont enrichi le débat et le Programme numérique récemment proposé pourrait être l’espace permettant de faire de l’accès à l’information en ligne un droit humain. Les droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information sont inscrits dans la Constitution de l’Argentine. L’article 14 de la Constitution prévoit notamment parmi les droits fondamentaux de tous les Argentins, « le droit de présenter une requête aux autorités et de publier des idées dans la presse sans censure préalable ». La réforme constitutionnelle de 1994 a élargi cette base juridique en incluant les traités internationaux[1] comme la Convention américaine des droits de la personne, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention relative aux droits de l’enfant. L’article 13 de la Convention américaine des droits de la personne stipule que : « Chacun à le droit à la liberté de pensée et d’expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, recevoir et donner des informations et des idées de toute sorte, quelles que soient les frontières, oralement, par écrit, sous forme imprimée, par l’expression artistique ou tout autre moyen de son choix ». Dans ce même article, la Convention stipule que : « Le droit d’expression ne peut être limité par des méthodes ou des moyens indirects, comme l’abus des contrôles gouvernementaux ou privés »[2]. Par le décret 512/09, la présidence a établi un Programme numérique[3], un « outil créé pour tirer parti des possibilités qu’offre la société de l’information et du savoir. Il propose une plateforme de travail qui intègre le gouvernement, les entreprises, les universités et les organisations de la société civile »[4]. Le Programme vise trois objectifs : la souveraineté et l’indépendance technologiques (en mettant l’accent sur les possibilités et les besoins locaux), les droits humains et la participation citoyenne. Il crée des commissions qui traitent du capital humain, des contenus et des applications, des infrastructures et de la connectivité, du financement et de la durabilité, ainsi que du cadre législatif, coordonnées par des représentants du secteur public. Le domaine des contenus – le plus pertinent pour ce rapport – est coordonné par le ministère de l’Éducation. Les propositions dans ce domaine comprennent : Les initiatives suivantes témoignent également de la politique gouvernementale sur la question de l’accès à l’information : Les droits à l’information et à la communication sont désormais à l’ordre du jour en Argentine. En mars 2008, le gouvernement national a présenté un texte de loi devant réglementer les services audiovisuels. Cette loi remplacera la Loi sur la radiodiffusion actuelle, rédigée pendant les dictatures militaires des années 1970 en Amérique latine et modifiée uniquement pour profiter à des groupes économiques et renforcer la concentration des médias. Le projet de loi, qui devrait bientôt être promulgué, stipule que la communication est un droit humain et l’information un bien social. La loi se fonde sur un document appelé 21 points fondamentaux pour le droit à la communication, qui a été présenté par la Coalition pour une radiodiffusion démocratique, un groupe de plus de cent organisations sociales, syndicales, universitaires et professionnelles[9]. Depuis l’adoption du décret 554/97, selon lequel « l’accès au réseau mondial » est « dans l’intérêt national », et du décret 1279/97, qui assujettit l’internet « aux garanties constitutionnelles qui protègent la liberté d’expression », la loi nationale sur l’accès à l’information en ligne se manifeste de plusieurs façons. Mais certaines parties de cette loi semblent contredire les décrets ci-dessus. L’évaluation de l’accès à l’information est compliquée par l’absence de données statistiques – une ressources fondamentale pour évaluer les politiques publiques et pour la planification. L’Argentine n’a pas confiance dans les statistiques officielles car l’organisme responsable, l’Institut national des Statistiques et du Recensement (INDEC – Instituto Nacional de Estadísticas y Censo) subit une crise institutionnelle, marquée par des accusations de corruption et de divergences politiques internes. Il n’existe donc pas d’indices publics des contenus. Alors que certains consultants privés compilent des rapports, ils ne se préoccupent pas de la production des contenus et se contentent de donner des aperçus de l’utilisation commerciale et de la consommation. La carte des médias locaux montre une forte concentration de propriété des médias, la création de contenus uniformes et l’absence de contrôle de l’État. Le projet de loi sur les services audiovisuels – débattu dans des forums ouverts – aborde certaines de ces questions. Le texte de loi est concis dans son traitement des nouvelles technologies, mais il suppose que les médias numériques non seulement facilitent l’accès à l’information, mais également donnent la possibilité de diffuser l’information à une grande diversité d’acteurs sociaux. Cependant, il ne semble pas que ce soit le cas. Un rapport rédigé par le site de blogage Bitacoras.com[14] au sujet de la situation de la blogosphère hispanique, s’appuyant sur ses propres données internes, estime que 52,2% des blogueurs viennent d’Espagne et 10,9% seulement d’Argentine. Concernant les contenus, 54,5% des blogues viennent d’Espagne et 10,2% d’Argentine. Le rapport indique également les villes d’où viennent les utilisateurs. En Argentine, 58 697 des blogueurs vivent à Buenos Aires, la capitale, 10 193 à Cordoba, la deuxième ville en importance, et 9 002 à Rosario. Ces données semblent indiquer que les TIC ne sont pas encore démocratisées en Argentine et que l’écosystème numérique reproduit la même concentration que l’on retrouve dans les médias traditionnels, avec des contenus produits dans les districts disposant des plus grandes ressources. L’internet est un outil puissant de réintégration sociale pour les gens privés de liberté, grâce à son potentiel d’apprentissage interactif[15]. L’Argentine n’a pas de loi qui interdise l’accès internet dans les prisons. Mais le droit à l’accès internet n’est accordé qu’à ceux qui s’organisent et le demandent. Certains groupes de prisonniers réussissent même à créer des sites ou des blogues dans lesquels ils dénoncent les infractions aux droits humains dans les prisons, un grave problème en Argentine où les prisons sont surpeuplées et où la majorité des prisonniers attendent encore leur procès[16]. La fondation Voie libre (Fundación Vía Libre), une organisation locale qui encourage les logiciels libres, a effectué une analyse détaillée des propositions présentées pour le Programme numérique[17]. Elle insiste sur l’importance de tenir compte des expériences des groupes et des organisations de la société civile dans les propositions. Parallèlement, Logiciels libres Argentine (SOLAR - Software Libre Argentine), de concert avec l’Institut national des technologies industrielles (INTI - Instituto Nacional de Tecnologías Industriales) ont proposé d’augmenter l’utilisation des logiciels libres dans le cadre du programme[18]. Il est question actuellement d’une loi proposant une taxe numérique sur tous les médias technologiques qui stockent, enregistrent ou reproduisent de la musique et des images. Cette taxe est proposée par les associations qui défendent les droits des auteurs et par le secteur des affaires dont les activités sont touchées par l’évolution de la technologie. La taxe, une mauvaise solution déjà tentée en Espagne, est critiquée parce qu’elle ferait augmenter le coût des CD, des DVD, des enregistreurs et lecteurs de CD, DVD et MP3, des ordinateurs, des caméscopes et appareils photo numériques et des téléphones portables. Le mouvement « pas de taxe en Argentine »[19] est un groupe formé d’organisations de la société civile qui tente d’élever le débat du point de vue des utilisateurs et des défenseurs des logiciels libres et de la culture. Il fait valoir que la taxe non seulement élargit le fossé numérique, mais punit également les consommateurs en relevant le prix des biens technologiques. Elle légalise également le piratage et les taxes perçues n’iraient pas directement aux créateurs culturels. [1] Constitution nationale de l’Argentine, article 75, paragraphe 22. www.argentina.gov.ar/argentina/portal/documentos/constitucion_nacional.pdf [2] www.hrcr.org/docs/American_Convention/oashr4.html [3] www.agendadigital.ar [4] CABASE, CESSI, CICOMRA et RODAR, Bases y lineamientos para una Agenda DigitalArgentine, 2008.www.agendadigital.ar/docs/Bases_Agenda_Digital_Argentina_sector_privado.pdf [5] www.Argentina.gob.ar [6] Nodo TAU, Argentine, dans Finlay, A. (éd.), Global Information Society Watch 2007, APC et IteM, 2007 www.giswatch.org/gisw2007/node/401 [7] www.encuentro.gob.ar [8] www.nic.ar [9] www.coalicion.org.ar [10] www.mincyt.gov.ar/25036.htm [11] infoleg.mecon.gov.ar/infolegInternet/anexos/60000-64999/64790/norma.htm [12] infoleg.mecon.gov.ar/infolegInternet/anexos/80000-84999/81031/norma.htm [13] García Bartelt, M., Proveedores denuncian censura en Internet, La Nación, 12 janvier, 2003. www.lanacion.com.ar/nota.asp?nota_id=465416 [15] Roman, A., Redes y ventanas: tecnologías de la información como factor reinsertivo en los penales argentinos, Universidad Nacional de Córdoba, 2005. www.biblioteca.jus.gov.ar/Roman3.pdf [16] CELS, Derechos Humanos en Argentina: Informe 2008, CELS et Siglo Veintiuno Editores, 2008. www.cels.org.ar/common/documentos/ia_2008.pdf [17] Fundación Vía Libre, Aportes para la Agenda DigitalArgentina, 2009. www.vialibre.org.ar/wp- /uploads/2009/05/posicionfvl.pdf [18] Xhardez, V. et Olivera, M., Agenda Digital, Software Libre y Solidaridad Tecnológica, 2009. www.solar.org.ar/spip.php?article574 [19] www.noalcanon.org Le manque d’accès à une ligne téléphonique, en particulier dans les régions que les compagnies de téléphone jugent non rentables, contribue également à l’exclusion numérique. En 2000, le Fonds fiduciaire pour le service universel a été créé pour garantir la prestation de services de télécommunication à tous les habitants. En juin 2007, la résolution 80/207 a été adoptée pour obliger les compagnies de téléphone à y consacrer 1 % de leurs revenus, avec rétroaction au moment où le fonds a été légalement constitué. Le gouvernement a donc présenté aux compagnies de téléphone une facture de 750 millions de dollars, soit les contributions qui n’avaient pas été remises depuis 2001. En avril 2008, le Règlement général sur le service universel a été publié dans le Bulletin officiel exigeant des principaux opérateurs téléphoniques – Telefónica et Telecom – d’élargir la téléphonie fixe à tout le pays dans les 60 mois. Mais des observateurs de différents secteurs estiment qu’il serait plus adéquat de renégocier les licences pour qu’elles rendent mieux compte du potentiel des offres de triple service (internet à large bande, télévision et téléphone) parmi d’autres politiques importantes. En décembre 2007, le gouvernement ayant approuvé la fusion de Multicanal et de Cablevisión, les principaux opérateurs par câble du pays, un nouvel opérateur possédant 47 % du marché de la télévision par câble et 620 000 abonnés large bande est né (La Nación, 2007). Les actionnaires de la nouvelle entité sont le Groupe Clarin (60 %) et Fintech Advisory, un fonds d’investissement américain (40 %). Une partie des conditions imposées par la Commission nationale pour la défense de la concurrence, l’organisme qui a autorisé la fusion, ont trait à l’accès universel: Il y a lieu de noter que le Groupe Clarín est la plus influente compagnie de radiodiffusion multimédia en Argentine et que la fusion a été considérée comme une concession de l’ancien président Nestor Kirchner pour éviter la critique des médias. Certaines sources pensent que la fusion comportait des irrégularités, notamment une infraction à la Loi sur les industries culturelles (Lanata, 2008). Le programme des centres de technologie communautaires (CTC), mis en œuvre en 1999, visait à améliorer l’accès public à l’internet[3]. Le programme est resté inchangé pendant des années et a stagné. Mais le gouvernement actuel tente de le faire revivre et a invité 50 coordonnateurs de CTC de différentes provinces à participer à un cours gratuit de civisme numérique organisé par le Secrétariat national pour les communications et les établissements d’enseignement. Des tentatives ont été faites pour faire revivre le site Web du programme[4], mais celui-ci n’offre aucune information sur les politiques à mettre en œuvre dans le cadre du projet ni de calendrier pour les futures activités. La Loi sur la radiodiffusion no22285 fait partie de la législation sur la sécurité intérieure établie pendant la dernière dictature militaire en Argentine. En 2005, la démocratisation des communications a fait un bond en avant lorsque les autorités nationales ont modifié l’article 45 de la loi qui interdisait aux entités non commerciales de faire une demande de licence. En avril 2008, la présidente Cristina Fernández de Kirchner a proposé une nouvelle loi sur la radiodiffusion, probablement motivée par la déception officielle face à la couverture du conflit économique dans les secteurs agricoles par les principaux médias (Katz, 2008). Un changement de pouvoir au comité de la radiodiffusion, qui réglemente les fréquences radio et télévision, a été suivi par une série de consultations avec différents intervenants, notamment la Coalition pour la radiodiffusion démocratique, qui avait rédigé une proposition appelée « 21 points fondamentaux pour les droits à la communication »[5]pendant le gouvernement de Néstor Kirchner, mais qui n’avait pas donné de résultats concrets. La présidente actuelle a manifesté son intérêt pour l’utiliser comme base d’une nouvelle loi. D’après les discussions sur la nouvelle loi, la question de la numérisation offre clairement de nouvelles possibilités de formes originales de participation citoyenne aux médias, mais fait aussi courir le risque de voir se créer des monopoles médiatiques. « Le spectre de la radio est un bien qui appartient à toute la société… Pour un pays aussi grand que l’Argentine, il est sans aucun doute d’une grande valeur stratégique » (Valle, 2008). L’Argentine a commencé à débattre de la télévision numérique en 1997. Une commission chargée d’étudier cette question a conclu qu’il faudrait adopter la norme américaine. Les deux grandes chaînes de radiodiffusion ont testé ce nouveau format, mais aucun calendrier n’a été fixé pour la mise en œuvre du nouveau système. En 2006, une nouvelle commission a décidé que la norme européenne serait plus efficace pour le spectre radio. Beaucoup estiment que les discussions ont été influencées par différents lobbyistes plutôt que de porter sur le meilleur choix stratégique pour le pays. On s’attendait à un effet en cascade dans les pays du marché commun du sud (Mercosur) et qu’ils tenteraient tous d’adopter la même norme pour partager leurs produits culturels par la télévision. L’adoption de la norme européenne est considérée comme un moyen d’encourager l’entrée de nouvelles compagnies de télévision en Argentine. À la fin de 2007, l’Association des musiciens indépendants a présenté une proposition visant la création d’un institut de musique qui « développerait et étendrait les activités musicales dans le pays ». Cet institut serait financé par une taxe numérique applicable aux nouveaux formats ou médias qui mémorisent ou reproduisent la musique et les images (CD, DVD, lecteurs MP3, magnétoscopes et téléphones mobiles). La proposition a suscité une vive opposition de la part des blogueurs qui ont organisé une campagne de « Pas de taxe en Argentine » qui a conclu à l’impossibilité de cette taxe[6]. Certains ont fait valoir qu’elle élargirait le fossé numérique, relèverait le prix des biens technologiques ou légaliserait la piraterie, que la taxe serait sans limite et donc injuste et que les fonds recueillis n’iraient pas directement aux créateurs de contenu (Berghella, 2008, La Barbarie, 2008). Les discussions sur les politiques gouvernementales ont porté au premier chef sur les TIC pour l’éducation. La nouvelle Loi sur l’éducation no26206, qui réglemente le système d’éducation nationale, a été adoptée en décembre 2006. La loi soutient l’idée que l’accès aux TIC est important pour l’égalité et la qualité de l’éducation. Les programmes du gouvernement prévoient d’équiper et de connecter les écoles, de former les enseignants et de créer des outils pédagogiques ainsi que de promouvoir les compétences numériques en classe (Landau et al., 2007). Les programmes publics les plus importants sont les suivants: Outre ces programmes, le ministère de l’Éducation a signé un accord avec l’initiative Un ordinateur portable par enfant en 2006, bien que la mise en œuvre de ce projet ait connu quelques problèmes. Malgré toutes ces initiatives, deux aspects de la culture numérique en classe doivent encore être améliorés : l’accès et l’appropriation. Pour ce qui est de l’accès, il existe des différences notables entre les élèves des écoles privées et publiques. La différence entre les élèves des milieux ruraux et urbains est encore plus nette. Il est vrai que les politiques visant à fournir de l’équipement ont été affermies, mais les ressources restent trop faibles. En ce qui concerne l’appropriation, il est difficile de tirer parti du potentiel qu’offrent les TIC pour améliorer l’éducation sans une formation suffisante des enseignants. Il convient de mentionner que ces programmes gouvernementaux sont indépendants les uns des autres, d’où une perte de synergie. Ce rapport montre qu’en Argentine, il n’existe pas de politique publique globale pour faire face à la fracture numérique. Les politiques qui favorisent l’accès aux technologies par les groupes exclus sont très isolées et ont peu d’effet. Nous croyons qu’il faudrait aborder le problème du point de vue de l’accès universel. Dans le cadre du gouvernement national, le Programme national pour la société de l’information[7], qui restait lettre morte depuis un certain temps, commence lentement à avancer. C’est ce programme qui doit s’occuper de cet aspect. Pour ce qui est des politiques qui définissent le cadre réglementaire et juridique, un certain nombre d’organisations de la société civile commencent à y contribuer (voir GISWatch 2007). Dans certains cas, elles ont donné lieu à des processus intéressants qui ont influencé les politiques – en particulier quand des propositions spécifiques sont faites. La collaboration de la société civile à la formulation des politiques doit être encouragée. Finalement, en matière de politiques éducatives, nous estimons que les initiatives en matière de TIC sont irrégulières, ce qui s’explique en partie par le fait que la gestion de l’éducation dans notre pays relève des provinces et non du gouvernement national (le niveau que nous avons évalué ici). Mais les plans nationaux devraient permettre une mise en œuvre pratique sur le terrain. Il est difficile de rejoindre les 60 % non desservis dans le pays car les exclus sont les plus pauvres et vivent dans les régions les moins peuplées. C’est pourquoi nous croyons que le système d’éducation publique serait le plus à même de les intégrer. Berghella, V., ¿Canon digital en la Argentina? Clarín, 13 février 2008. Voir à: www.clarin.com/diario/2008/02/13/conexiones/t-01606184.htm Clarín, Computadoras: se duplicaron las ventas en los últimos tres años, Clarín, 24 décembre 2007a. Clarín, Hay 2,8 millones más de usuarios de Internet. Clarín, 15 décembre 2007b. Clarín, Casi la mitad de los argentinos todavía no navegó por Internet. Clarín, 5 décembre 2007c. Clarín, Confirman la adquisición de Multicanal por Cablevisión, Clarín, 8 décembre 2007d. Coalition pour la radiodiffusion démocratique: www.coalicion.org.ar/index.htm Contrera, E., La brecha digital se achica porque crecen los locutorios y los cíber, Página 12, 17 mai 2007. Finquielevich, S. et Prince, A., El (involuntario) rol social de los cybercafés, 2007. Voir à: www.oei.es/tic/rolcibercafes.pdf INDEC, 2006, Accesos a Internet : Décembre 2005. Voir à: www.cnc.gov.ar/indicadores/archivos/INDEC_internet_03_06.pdf Internet World Stats: www.internetworldstats.com Katz, C., Argentina: The clash over rent. Links – International Journal of Socialist Renewal, 2008. Voir à: links.org.au/node/453 La Barbarie: La Nación, El Gobierno autorizó la fusión de Multicanal y CableVisión. La Nación, 8 décembre 2007. Lanata, J., Enemigos íntimos. Crítica de la Argentina, 6 avril 2008. Landau, M., Serra, J. C. et Gruschetsky, M. Acceso universal a la alfabetización digital: Políticas, problemas y desafíos en el contexto argentino2007. Prince & Cooke: www.princecooke.com/mercado.asp Telefónica (2003) La Sociedad de la Información en la Argentina Valle, L. (2008) El estándar digital: un valor estratégico. El Cronista, 8 April.
Voir à: www.clarin.com/diario/2007/12/24/elpais/p-01801.htm
Voir à: www.clarin.com/diario/2007/12/15/elpais/p-03602.htm
Voir à: www.clarin.com/diario/2007/12/05/sociedad/s-03001.htm
Voir à: www.clarin.com/diario/2007/12/08/elpais/p-03601.htm
Voir à: www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-85094-2007-05-17.html
labarbarie.com.ar/2008/canon-digital-algunas-conclusiones
Voir à: www.lanacion.com.ar/nota.asp?nota_id=969301
Voir à : Crítica de la Argentina, 6 April.
[1] Internet World Stats: www.internetworldstats.com
[2] Prince & Cooke: www.princecooke.com/mercado.asp
[3] Pour plus d’informations, voir le rapport pays pour l’Argentine dans GISWatch 2007: www.globaliswatch.org/files/pdf/GISW_Argentina.pdf

